La France engage 8 millions d’euros dans les cours en ligne ouverts à tous

 
Geneviève Fioraso, la ministre française de l'enseignement supérieur, a annoncé huit millions d’euro de financement pour les cours en ligne ouverts à tous (MOOC, Massive Open Online Courses), ce qui permettra à la France de rattraper d’autres pays ayant déjà commencé à investir dans le secteur.
Etudes, Philippines

Actuellement, seulement 3% des universités françaises offrent des cours en ligne, contre 80% aux États-Unis. La ministre veut promouvoir les cours auprès d’un public de demandeurs d’emploi, de travailleurs et d’étudiants.

« Nous avons beaucoup de retard, » dit Fioraso. « Aux États-Unis, au Royaume-Uni, les MOOCs sont utilisés depuis 15 ans. Il s'agit d'une priorité d'investissement public pour accroître l'influence de nos universités et améliorer le niveau de connaissance moyen de la population. »

La ministre déploiera deux investissements, venant s’ajouter aux 12 millions d’euro déjà attribués au développement des MOOCs, a expliqué Mme Fioraso. De ces nouveaux financements, 5 millions contribueront à financer le développement des formations professionnelles à distance, et 3 millions seront destinés à l’équipement vidéo dans le cadre du projet  ‘CréaMOOC’.

Depuis l’ouverture en octobre des inscriptions sur France Université Numérique (FUN), la plate-forme de formation et d’éducation en ligne qui a été lancée par le ministère de l'Enseignement Supérieur et de la Recherche, environ 88.000 candidats se sont inscrits aux 25 cours gratuits. La plus grande part des inscriptions vient d’Afrique (7%) et des Amériques (5%).

Huit formations ont commencé en mi-janvier sur la plate-forme FUN,  l’ouverture des suivantes étant prévue durant le reste de l'année.

Grâce à l’investissement du gouvernement, des universités françaises dont HEC, ENS Cachan, et Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne constitueront une nouvelle plateforme de 30 cours.

L’École de commerce HEC Paris avait déjà mis en place deux cours en ligne sur la plate-forme MOOC Coursera, dont l’enseignement débutera dans deux semaines.

Vanessa Klein, chargée de projet Innovation et Technologie à HEC, a dit à The Pie News que le but de HEC dans le lancement du cours en ligne était «  l’inclusion » :

« Nous espérons que tout le monde, partout, sans distinction de situation ou de formation académique, pourra profiter de nos enseignements reconnus internationalement, et prendre plaisir à étudier les sujets les plus pertinents et intéressants de leur temps, » a-t-elle déclaré.

Klein a ajouté que la réponse à l’offre Coursera MOOCs était « très encourageante », avec 30.000 inscriptions jusqu’à présent.

Cet investissement s’inscrit dans le projet de révolution digitale de l’enseignement supérieur en France, annoncé en octobre 2013, et qui a soulevé trois objectifs prioritaires mettant à profit les technologies numériques : faciliter le développement de chaque étudiant dans l’enseignement supérieur ; influencer une restructuration de la méthode pédagogique et des pratiques éducatives ; améliorer l’attractivité des universités françaises.

Afin d’élargir l’influence de la France et de son système de l’enseignement supérieur à l’étranger, le gouvernement a établi un partenariat avec l’Agence Universitaire de la Francophonie (AUF), une association universitaire qui promeut une communauté académique francophone, dans le but de produire des cours numériques et développer un processus de certification des savoirs acquis.

La France voit son initiative suivie par d’autres gouvernements qui s’intéressent au développement des MOOCs.  Plus tôt ce mois-ci, le ministre de l’éducation hollandais a promis 1 million d’euro de financement au développement de cours en ligne, et le gouvernement des États-Unis s’est allié avec Coursera pour promouvoir leurs cours en lignes aux consulats et ambassades de 30 pays.

L'article publié sur ThePIENews.com, traduit par Campus France Manille, avec la permission d'auteur.
Source: 
Beckie Smith, The PIE News, Published Jan 29, 2014